Autiste en hypomanie dans un magasin de vêtements
- Rédactrice d'autiste et bipolaire
- 26 déc. 2025
- 3 min de lecture
Dis comme ça, on ne voit pas à quel moment cela peut bien se passer. Achat et hypomanie, ce n'est clairement pas recommandé. Et s'il doit exister des autistes qui apprécient acheter des vêtements, c'est plutôt ma hantise. Encore plus sachant que je m'y sentais obligé par une prise du poids brutale due aux médicaments. Bref, ce n'était pas parti pour être la meilleure sortie du week-end. Et pourtant, ça n'a pas été catastrophique.
Précautions d'achat en hypomanie
Il ne fallait rien que j'achète. Même si un magasin de vêtements n'est pas trop à risque pendant une hypomanie, il y a toujours la possibilité que je me prenne de passion pour un rayon quelconque. Donc de toute façon ma carte était bloquée et j'avais vu avec ma mère pour qu'elle paie. Y aller à deux me permettait aussi d'avoir un garde-fou niveau achat.
Finalement, je crois que je déteste tellement acheter des vêtements que ça ne pouvait pas déclencher la moindre excitation. Il y avait trop de monde, j'étais suivie à la trace par ma mère. Et je n'ai même pas trouvé de rayon chaussettes à motif marrant ou foulards qui auraient pu me plaire. Donc de ce côté, c'était plutôt bien parti.
Quand l'hypomanie rend irritable
On parle souvent du côté euphorique de l'hypomanie mais moi ce jour-là j'étais plutôt franchement irritable. C'est une possibilité dans les hypomanies, ça fait parfaitement partie des critères de diagnostiques. Chez moi, cela se manifestait depuis quelques jours par des sautes d'humeur assez violents, précisément quand quelque chose me rappelait mon poids. Donc on imagine bien qu'acheter des vêtements suite à ma prise de poids était vraiment pas simple. Honnêtement, je pense que je n'ai jamais autant eu envie de m'en prendre à ma mère, qu'elle me dise qu'un pantalon m'allait ou non. C'était horrible pour nous deux comme moment. Je culpabilisais de lui parler de la sorte, je lui en voulais de me rappeler que j'avais grossi, je m'en voulais de grossir et je culpabilisais de m'en vouloir de grossir. Bref, un bon cercle vicieux, qui s'est fini en expédiant la case "cabine d'essayage". Je compte faire un post bientôt sur mes techniques pour gérer mon agressivité et mon irritabilité car ça aurait bien servi.
Le "choix" de vêtements d'une autiste
Restait la question de fond à savoir : choisir des pantalons. Pour cela, j'ai utilisé une technique bien connue des autistes, du moins de celles qui ont lu La Différence invisible, de Julie Dachez. Très franchement, j'ai choisi trois modèles de pantalons, dans différentes tailles. J'ai essayé l'ensemble, un seul m'allait. Je l'ai donc sélectionné en bleu, noir et gris, afin de pouvoir varier et de ne pas donner l'impression de porter toujours la même chose. Pour le haut, j'ai même pu innover, puisque je connais mieux les formes des tee-shirts. Deux cols ronds et un col roulé, pareil, dans trois couleurs. Ma mère m'a un peu aidé pour que les couleurs s'accordent avec les pantalons (il paraît qu'on ne met pas de beige avec du gris). Mais dans l'ensemble, cela me fait pas mal de tenues différentes sans trop de difficultés à choisir.
Voilà comment, malgré des gros soucis d'irritabilité et des précautions liés à l'hypomanie, une autiste peut s'en sortir sans trop de problèmes dans ses achats de vêtements.



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